Leurs rêves sont nos cauchemars
Ce blog s'intéresse aux cités idéales, à celles que l'on voudrait bâtir, à ce qu'il faudra détruire pour y arriver. D'autres rêvent aussi de société idéale. Hortefeux, ministre de la défense de l'identité de la nation, fidèle serviteur de son petit maître, a des rêves qui rappellent les pires cauchemars de l'histoire. Deux extraits d'une de ses récente prestation télévisée, en réponse à des questions sur les travailleurs sans-papiers;
dois-je les régulariser alors qu'à côté il y a des étrangers (...) qui
respectent nos lois, qui partagent nos valeurs, qui travaillent ou qui veulent
réellement travailler
C'est bien connus, les sans-papiers sont tous des criminels barbares et qui vivent aux crochets de l'économie française...
- Il y aura toujours des sans-papiers sur le territoire français ? -
Si vous rêvez d'une société idéale dans laquelle il n'y aurait que des citoyens
honnêtes, propres et s'agissant des immigrés que ce soit exclusivement des
immigrés légaux avec des papiers, la vérité c'est que c'est un combat
permanent, mais c'est un des défis de notre société
(source : Capital (M6) du 25.11.2007 - on trouve la vidéo facilement sur les sites de partage de vidéos.)
Interlude, écoutez à fond Porcherie et on reprend.
Ouverture de la chasse en Haute-Garonne
Pour faire plaisir à ses maîtres, la préfecture de Haute Garonne a plein de bonnes idées. Exemple de quelques propositions issues de récentes réunions:
- transformer tous les agents de l'état en flics, via une formation dispensée par la police aux agents des différents services publics (assurance maladie, emploi, allocations familiales, affaires sanitaires et sociales, etc). Il s'agit d'en faire des experts en faux pour débusquer (et dénoncer) les travailleurs migrants qui leur présenteraient des faux papiers.
- croiser les fichiers de ces différents services, toujours pour essayer de débusquer les sans papiers. Ce croisement est interdit par la CNIL, mais on ne va pas s'encombrer de ce genre de considérations pour une grande cause nationale comme la chasse aux sans-papiers.
- mettre en place dans tous les services publics des "référents" chargés de prévenir les flics à la moindre suspicion de sanspapiérité.
Tout cela est bien dans l'air du temps, et en tout cas dans la droite ligne
de la loi de répression de la pauvreté prévention de la délinquance
qui transforme tous les travailleurs sociaux en auxiliaires de police (cf par
exemple le site du collectif
national de résistance à la délation
(sources: A Toulouse, la préfecture monte son réseau d’indics, Libération du 26.11.2007 et Flicage généralisé des immigrés dans l’administration, l'Humanité du 27.11.2007)
La forteresse europe se renforce, les camps fleurissent
Le parlement européen s'apprête à voter une harmonisation de ses politiques en matière de rétention et d'expulsion des étrangers. Au menu, La mesure phare est la possibilité de maintenir les migrants en rétention pendant 18 mois. La rétention est une aberration. C'est une mesure purement administrative, c'est à dire prononcée non par par un tribunal mais par l'administration, une bureaucratie aux ordres du pouvoir. Cela signifie que la procédure normale de gestion des migrations sera d'enfermer les gens pendant des mois en attendant que leur dossier soit examiné. Les priver de liberté pour le seul crime d'essayer d'avoir une vie un peu meilleure en fuyant la misère ou la répression, misère et répression dont les pays européens sont souvent en grande partie responsables. Plus d'informations et quelques propositions d'actions (dont une pétition) sur le site Non à la directive de la honte
Le « sans-papiers », une figure emblématique de la mondialisation
C'est le titre d'une intervention de Jean-Pierre Cavalié, délégué régional Paca Cimade, à l’AG de Mille Bâbords de novembre 2007. En quelques paragraphes il livre une excellente analyse sur le rôle attribué aux sans-papiers, d'un point de vue économique dans la mise en place d'une économie libérale, d'un point de vue socio-politique dans le cadre d'une destruction généralisée des droits et de l'avènement d'états policiers. La dernière partie répond à la question du "que faire ?", en s'inspirant de l'expérience de la Cimade, dont le caractère œcuménique transparaît. Une lecture vivement recommandée.