Soutenons les grévistes !
Par citoyen le lundi 19 novembre 2007, 19:19 - Lien permanent
Grâce à des dizaines d'années de lutte, nos parents, leurs parents, etc, ont gagné la mise en place d'un système collectif de garantie d'un certain nombre de droits. Ce système mérite encore de nombreuses améliorations, mais il a le mérite d'exister. Il tend à garantir à chacun et chacune, indépendamment de ses capacités propres, le droit aux soins, à l'éducation, à un revenu pendant les périodes où on ne travaille pas (formation, maladie, chômage, retraite...), etc. Ces droits sont collectifs : nous cotisons tous et toutes selon nos moyens à un pot commun et l'argent est redistribué à chacun et chacune selon ses besoins. Le but de ce système n'est pas de dégager du profit, mais de permettre à tous et toutes de vivre aussi bien que possible.
Ce système est évidemment insupportable pour les tenants du capitalisme. Ceux-ci ne rêvent que d'une chose, transformer ces droits en marchandises dont ils pourront faire commerce pour accroître leurs profits. Cette volonté de marchandisation est une des caractéristiques du capitalisme, il a besoin de cela pour survivre. Ses zélateurs multiplient donc les attaques depuis des années pour remplacer les garanties collectives, services publics et protection sociale, par des entreprises et services privés, dont les prestations ne seront accessibles qu'à celles et ceux qui en ont les moyens. La casse du service public passe par une diminution progressive de ses prestations (allocations chômages, franchises diverses sur les soins ou l'accès à la justice, suppressions massives d'emplois pour faire baisser la qualité de l'éducation publique, des services de santé ou de communication, etc) et sa mise en concurrence avec des services privés. Ainsi peu à peu celles et ceux qui le peuvent se détournent des services publics (en prenant par exemple des assurances ou des système de retraites privés) et oublient leur importance.
Les forces du mal disposent de puissants relais pour attaquer nos acquis sociaux: l'état via la classe politique et les médias. Dirigeants d'entreprises et dirigeants politiques, quelle que soient leur couleur affichée, sont consanguins. Ils viennent des mêmes milieux, ont fait les mêmes écoles, fréquentent les mêmes lieux, ont les mêmes intérêts. A de très rares exceptions près, personne dans l'arène politicienne ne remet réellement en cause le capitalisme. Les mascarades électorales ne servent qu'à désigner des gestionnaires chargés de mettre en oeuvre la privatisation des biens communs, d'accompagner la mutation vers une économie capitaliste ultra-libérale, et d'anéantir toute résistance par grâce aux moyens de l'état : propagande, contrôle social, répression...
Quant aux médias, très peu sont réellement indépendants : beaucoup appartiennent à de grands groupes industriels ou dépendent financièrement de la publicité de ces groupes. Sans parler des nombreux journalistes issus des mêmes moules que les patrons et les politicards, persuadés de faire partie des classes dirigeantes, et défendant donc leurs intérêts de classe. La propagande peut donc marcher à plein pour convaincre l'"opinion" de la nécessité de la réforme, pour faire passer pour privilégiés des travailleurs qui galèrent autant que tous les travailleurs, pour briser la grève, pour manipuler, désinformer, convertir à la résignation et à l'acception de l'inéluctable avènement de la société capitaliste.
Pour s'opposer aux attaques contre nos droits et en gagner de nouveaux, nous ne pouvons donc compter que sur nous-mêmes, sur les actions que nous mènerons directement. Les moyens d'action à notre disposition sont nombreux : grève, boycott, sabotage, désobéissance, ré-appropriations collectives, etc. La grève est le plus courant, car c'est l'un des seuls encore à peu près toléré (c'est à dire qui ne mène pas directement à la case prison). C'est celui qu'aujourd'hui encore des dizaines de milliers de travailleurs et de travailleuses ont choisi pour lutter contre la casse des régimes de retraite.
La grève permet d'agir à différents niveaux : d'abord, elle attaque le patronat là où ça lui fait le plus mal : au portefeuille. Elle rappelle que c'est nous qui produisons l'ensemble des richesses, que sans nous ils ne peuvent plus se remplir les fouilles. Mais la grève permet aussi de libérer du temps pour faire autre chose : pendant la grève, on se ré-approprie son lieu de travail, les machines enfin arrêtées permettent de discuter avec son voisin, les AG de débattre, de se former, d'imaginer des alternatives. La grève libère du temps pour faire autre chose, mener des actions, aller rencontrer d'autres travailleurs, échanger, lutter ensemble...
Le mouvement de grève en cours, très massif malgré la propagande médiatique, peut faire reculer le gouvernement et l'empêcher de continuer ses attaques contre les services publics et la protection sociale. Mais pour cela il faut que nous soyons un maximum à y participer, soit directement, en cessant le travail, soit indirectement, en nous battant contre la propagande et en soutenant les grévistes.
Ce soutien peut prendre de nombreuses formes. Du soutien moral, en allant dans les AG, pour montrer aux grévistes que d'autres travailleurs sont avec eux, sont solidaires. En contrant la propagande officielle, en nous informant et en informant autour de nous, en relayant les témoignages des grévistes pour contrer la désinformation ambiante. La solidarité peut aussi être financière. Car les grévistes sont des travailleurs et des travailleuses comme nous, avec des salaires qui suffisent à peine à assurer la survie quotidienne. Nous devons les aider à continuer le mouvement, exprimer concrètement notre solidarité. Dans nos entreprises, dans nos quartiers, organisons des collectes pour alimenter les caisses de grèves, proposons à nos collègues, à nos voisin, de donner une ou plusieurs journée de salaire, pour permettre aux grévistes de tenir jusqu'à ce que le gouvernement cède. Nous sommes des dizaines de millions à être concernés, en soutenant le mouvement nous pouvons arrêter le mouvement de démolition de nos droits. C'est maintenant qu'il faut se mobiliser, tous et toutes ensemble !