Cités idéales

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dimanche 8 juin 2008

Avenue des Champs papiers

Quelques photos de la manifestation entre les différents sites occupés par des travailleurs sans-papiers autour de l'avenue des Champs-papiers. La manif s'ébranle par les petites rues Le 9° collectif est venu soutenir les grévistes Arrêt devant le Charlie Birdy Sur les Champs En face du Fouquet's Arrivée au Bistro Romain Au Bistro romain avec les camarades de la CGT Avenue des Champs papiers La rue est à nous DSCF1910.JPG DSCF1911.JPG DSCF1912.JPG Devant chez Vuiton Avenue Georges V Avec les camarades de Chez Marius

dimanche 9 décembre 2007

La vie c'est comme une garde à vue...

... tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous. Et c'est de plus en plus vrai depuis le début de l'ère Google et des réseaux sociaux. Aujourd'hui, le Réseau a une mémoire quasi infinie, il ne connait ni la prescription, ni l'oubli. Tout ce que vous dites et faites en ligne est gravé pour très longtemps dans le marbre, et risque un jour ou l'autre de se retourner contre vous. C'était déjà vrai avec Google qui archive le web, les forums (depuis les origines des newsgroups), les listes de discussion... Ca l'est de plus en plus avec le web 2 (où les internautes ne sont plus de simples lecteurs mais également des producteurs de contenus) et les réseaux sociaux. Ces 2 tendances parallèles incitent les internautes à se dévoiler de plus en plus en ligne, à révéler de plus en plus d'informations plus ou moins privées, à vivre de plus en plus sur les réseaux. Malheureusement, le phénomène est encore trop neuf pour qu'on réalise les risques que cela peut représenter.

Depuis quelques années déjà, googler est devenu un verbe commun. Googler, c'est rechercher des informations sur quelqu'un sur internet. C'est utilisé par exemple par des employeurs qui veulent savoir à qui ils ont affaire avant d'embaucher un salarié. Mais c'est une pratique qui va sans doute se répandre et toucher l'ensemble des rapports sociaux, qu'il s'agisse d'admettre un étudiant dans une école, de louer un logement, de nouer une relation amicale ou amoureuse...

Google et les réseaux sociaux font disparaître ce droit fondamental qu'est l'oubli, la prescription, le droit de ne pas payer toute sa vie pour quelque chose que l'on aurait fait ou dit. Jusqu'à présent, au regard de la loi, seuls les crimes les plus graves, commis contre l'humanité, n'étaient pas prescriptibles. Aujourd'hui, avec la mémoire du réseau, tout acte, toute parole, devient imprescriptible. Les délires d'un ado sur son journal intime, aujourd'hui transformé en skyblog, les photos de soirées étudiantes trop arrosées, tout devient public et archivé, accessible à tout le monde aujourd'hui, demain, et sans doute dans quelques années et plus. La moindre erreur, la moindre parole en l'air, peut vous poursuivre pendant des années, vous faire perdre un boulot, une relation...

L'ICO, un organisme britannique équivalent à la CNIL, vient de réaliser une étude sur le sujet et met en garde les internautes, et tout spécialement les plus jeunes, sur les conséquences négatives que peut avoir la divulgation non maîtrisée d'information personnelles sur les réseaux. Cette étude menée auprès de jeunes utilisateurs de réseaux sociaux de 14 à 21 ans révèle que 60% d'entre eux ne réalisent pas que les informations qu'ils dévoilent sur ces réseaux seront accessibles pendant des années.

Au delà des problèmes de réputation, trop s'exposer en ligne expose à de nombreux risques, comme par exemple

  • la fraude à l'identité : en connaissant des informations sur vous telles que votre date de naissance, votre adresse, votre parcours scolaire, vos goûts, on peut facilement se faire passer pour vous auprès d'organismes, ou faire croire à vos proches qu'on vous connaît pour leur soutirer d'autres informations;
  • les attaques contre les mots de passe : de nombreux mots de passe des comptes en ligne (sur des sites de commerce électronique, de banque, etc) sont liés à des informations personnelles, et peuvent être facilement retrouvés à partir des données du profil.

L'ICO donne donc quelques conseils simples:

  • se souvenir que vous ne maîtrisez pas la durée de conservation de tout ce que vous faites en ligne : même si vous pouvez effacer un massage, il risque fort de rester dans la mémoire des sites d'archives, des moteurs de recherche, etc. Vous ne maîtrisez pas non plus qui pourra y avoir accès. Un site auquel vous croyez que n'accèdent que vos intimes pourra être indexé par un moteur de recherche et lu par n'importe qui.
  • toujours lire attentivement les politiques des sites en matière de respect de la vie privée. De nombreux sites y indiquent que toutes les données qu'ils collectent peuvent être revendues à des tiers. Non seulement les informations que vous publiez, mais également le contenu de vos échanges avec vos contacts, et ce que votre usage du réseau révèle sur vous, vos idées, vos préférences...
  • penser que ce que l'on dit en ligne pourra avoir des impacts hors ligne, c'est à dire dans le monde dit réel. Donner son adresse et ses dates de vacances peut attirer des cambrioleurs. Faire de fines plaisanteries sur sa consommation de drogues (légales) ou ses pratiques sexuelles peut déplaire à un futur employeur...
  • avoir une bonne hygiène de mots de passe : ne pas utiliser le même partout, en changer régulièrement, ne pas créer de clé trop facile à deviner...
  • ne pas utiliser la même adresse de messagerie pour ses différentes vies (personnelle, professionnelle, associatives, etc). Idéalement, il est même consillé de créer des profils et des identités distinctes.

Que nous soyons nous-même internautes ou que nous fréquentions dans nos milieux familiaux, professionnels, amicaux, des utilisateurs et des utilisatrices de réseaux sociaux, il est donc essentiel de s'informer et d'informer sur les risques que contiennent les nouveaux usages des réseaux.

Quelques exemples de ces risques dans de prochains billets...

Sources :

mercredi 28 novembre 2007

Actualité de la chasse aux sans papiers

Leurs rêves sont nos cauchemars

Ce blog s'intéresse aux cités idéales, à celles que l'on voudrait bâtir, à ce qu'il faudra détruire pour y arriver. D'autres rêvent aussi de société idéale. Hortefeux, ministre de la défense de l'identité de la nation, fidèle serviteur de son petit maître, a des rêves qui rappellent les pires cauchemars de l'histoire. Deux extraits d'une de ses récente prestation télévisée, en réponse à des questions sur les travailleurs sans-papiers;

dois-je les régulariser alors qu'à côté il y a des étrangers (...) qui respectent nos lois, qui partagent nos valeurs, qui travaillent ou qui veulent réellement travailler

C'est bien connus, les sans-papiers sont tous des criminels barbares et qui vivent aux crochets de l'économie française...

- Il y aura toujours des sans-papiers sur le territoire français ? - Si vous rêvez d'une société idéale dans laquelle il n'y aurait que des citoyens honnêtes, propres et s'agissant des immigrés que ce soit exclusivement des immigrés légaux avec des papiers, la vérité c'est que c'est un combat permanent, mais c'est un des défis de notre société

(source : Capital (M6) du 25.11.2007 - on trouve la vidéo facilement sur les sites de partage de vidéos.)

Interlude, écoutez à fond Porcherie et on reprend.

Ouverture de la chasse en Haute-Garonne

Pour faire plaisir à ses maîtres, la préfecture de Haute Garonne a plein de bonnes idées. Exemple de quelques propositions issues de récentes réunions:

  • transformer tous les agents de l'état en flics, via une formation dispensée par la police aux agents des différents services publics (assurance maladie, emploi, allocations familiales, affaires sanitaires et sociales, etc). Il s'agit d'en faire des experts en faux pour débusquer (et dénoncer) les travailleurs migrants qui leur présenteraient des faux papiers.
  • croiser les fichiers de ces différents services, toujours pour essayer de débusquer les sans papiers. Ce croisement est interdit par la CNIL, mais on ne va pas s'encombrer de ce genre de considérations pour une grande cause nationale comme la chasse aux sans-papiers.
  • mettre en place dans tous les services publics des "référents" chargés de prévenir les flics à la moindre suspicion de sanspapiérité.

Tout cela est bien dans l'air du temps, et en tout cas dans la droite ligne de la loi de répression de la pauvreté prévention de la délinquance qui transforme tous les travailleurs sociaux en auxiliaires de police (cf par exemple le site du collectif national de résistance à la délation

(sources: A Toulouse, la préfecture monte son réseau d’indics, Libération du 26.11.2007 et Flicage généralisé des immigrés dans l’administration, l'Humanité du 27.11.2007)

La forteresse europe se renforce, les camps fleurissent

Le parlement européen s'apprête à voter une harmonisation de ses politiques en matière de rétention et d'expulsion des étrangers. Au menu, La mesure phare est la possibilité de maintenir les migrants en rétention pendant 18 mois. La rétention est une aberration. C'est une mesure purement administrative, c'est à dire prononcée non par par un tribunal mais par l'administration, une bureaucratie aux ordres du pouvoir. Cela signifie que la procédure normale de gestion des migrations sera d'enfermer les gens pendant des mois en attendant que leur dossier soit examiné. Les priver de liberté pour le seul crime d'essayer d'avoir une vie un peu meilleure en fuyant la misère ou la répression, misère et répression dont les pays européens sont souvent en grande partie responsables. Plus d'informations et quelques propositions d'actions (dont une pétition) sur le site Non à la directive de la honte

Le « sans-papiers », une figure emblématique de la mondialisation

C'est le titre d'une intervention de Jean-Pierre Cavalié, délégué régional Paca Cimade, à l’AG de Mille Bâbords de novembre 2007. En quelques paragraphes il livre une excellente analyse sur le rôle attribué aux sans-papiers, d'un point de vue économique dans la mise en place d'une économie libérale, d'un point de vue socio-politique dans le cadre d'une destruction généralisée des droits et de l'avènement d'états policiers. La dernière partie répond à la question du "que faire ?", en s'inspirant de l'expérience de la Cimade, dont le caractère œcuménique transparaît. Une lecture vivement recommandée.

dimanche 25 novembre 2007

Surveillons les surveillants

Le Monde a consacré un article aux copwatchers, ces militants étasuniens qui surveillent la police. Pour lutter contre les violences policières, ils essaient de filmer les interventions des flics. Avec le développement de la vidéo via les appareils mobiles et le net, ce genre de pratiques utiles pour dénoncer les méthodes des flics ne devrait pas tarder à prendre de l'ampleur.

En France, plusieurs initiatives similaires sont en train de se monter, par exemple autour des réseaux Résistons ensemble et Réseau d'Alerte et d'intervention pour les Droits de l'Homme :

samedi 24 novembre 2007

Contre le droit du travail

Il ne se passe pas un jour sans que le jeu de massacre contre nos droits n'empire. Exemple de quelques récentes salves contre le droit du travail...

Suppression de la durée légale du travail

Rien de nouveau sous le soleil, mais Laurence Parisot, la pédégère du MEDEF, a rappelé il y a quelques jours que l'organisation patronale demandait la suppression de la durée légale du travail (source : agences de presse institutionnelles). Un coup d'oeil à Wikipédia peut être utile pour rappeler que l'inscription de la durée de travail dans la loi est le fruit de dizaines d'années de lutte, qu'avant 1892 par exemple les femmes et les mineurs de plus de 16 ans pouvaient travailler plus de 11h par jour, 7 jours sur 7. Le MEDEF souhaite donc le retour aux conditions de travail du XIX° siècle, ce sont vraiment de grands progressistes !

Suppression des tribunaux prud'hommaux

Le gouvernement veut supprimer près du quart (63 sur 271) des conseil de prud'hommes. C'est devant ces tribunaux que se règlent de nombreux conflits entre travailleurs et patrons. Cette suppression va avoir les mêmes conséquences que la fermeture des autres types de juridictions dans le cadre du ménage dans la carte judiciaire: rendre la justice de plus en plus difficilement accessible. Aujourd'hui déjà, compte-tenu de l'engorgement des tribunaux, il faut de la motivation pour traîner son patron devant les prud'hommes, la procédure prenant souvent des années. Avec la suppression de près du quart des tribunaux, la situation ne peux qu'empirer. Les prud'hommes ne sont certes qu'un pis aller, mais dans la situation actuelle, on ne peut guère se réjouir de leur disparition. (source : médias bourgeois)

Poursuite de la casse du code du travail

Rappelons par ailleurs que dans le cadre de la re-codification du code du travail, la quasi-totalité de la jurisprudence en matière de droit du travail est caduque. En effet, le code du travail est en train d'être entièrement ré-écrit. La partie législative du nouveau code est en application depuis le 1er octobre. Or tous les articles de cette partie ont été refondus. Ce qui signifie que toutes les jurisprudences qui s'appuyaient sur l'ancienne rédaction du code sont périmées. Gérard Filoche, dans une tribune de Libé (Massacre du code du travail dans le silence général), revient sur cette recodification et en annonce les prochaines étapes. Sur le même sujet, Richard Abauzit, un ancien inspecteur du travail, a écrit plusieurs (longs) textes, ici et .

lundi 19 novembre 2007

Soutenons les grévistes !

Grâce à des dizaines d'années de lutte, nos parents, leurs parents, etc, ont gagné la mise en place d'un système collectif de garantie d'un certain nombre de droits. Ce système mérite encore de nombreuses améliorations, mais il a le mérite d'exister. Il tend à garantir à chacun et chacune, indépendamment de ses capacités propres, le droit aux soins, à l'éducation, à un revenu pendant les périodes où on ne travaille pas (formation, maladie, chômage, retraite...), etc. Ces droits sont collectifs : nous cotisons tous et toutes selon nos moyens à un pot commun et l'argent est redistribué à chacun et chacune selon ses besoins. Le but de ce système n'est pas de dégager du profit, mais de permettre à tous et toutes de vivre aussi bien que possible.

Ce système est évidemment insupportable pour les tenants du capitalisme. Ceux-ci ne rêvent que d'une chose, transformer ces droits en marchandises dont ils pourront faire commerce pour accroître leurs profits. Cette volonté de marchandisation est une des caractéristiques du capitalisme, il a besoin de cela pour survivre. Ses zélateurs multiplient donc les attaques depuis des années pour remplacer les garanties collectives, services publics et protection sociale, par des entreprises et services privés, dont les prestations ne seront accessibles qu'à celles et ceux qui en ont les moyens. La casse du service public passe par une diminution progressive de ses prestations (allocations chômages, franchises diverses sur les soins ou l'accès à la justice, suppressions massives d'emplois pour faire baisser la qualité de l'éducation publique, des services de santé ou de communication, etc) et sa mise en concurrence avec des services privés. Ainsi peu à peu celles et ceux qui le peuvent se détournent des services publics (en prenant par exemple des assurances ou des système de retraites privés) et oublient leur importance.

Les forces du mal disposent de puissants relais pour attaquer nos acquis sociaux: l'état via la classe politique et les médias. Dirigeants d'entreprises et dirigeants politiques, quelle que soient leur couleur affichée, sont consanguins. Ils viennent des mêmes milieux, ont fait les mêmes écoles, fréquentent les mêmes lieux, ont les mêmes intérêts. A de très rares exceptions près, personne dans l'arène politicienne ne remet réellement en cause le capitalisme. Les mascarades électorales ne servent qu'à désigner des gestionnaires chargés de mettre en oeuvre la privatisation des biens communs, d'accompagner la mutation vers une économie capitaliste ultra-libérale, et d'anéantir toute résistance par grâce aux moyens de l'état : propagande, contrôle social, répression...

Quant aux médias, très peu sont réellement indépendants : beaucoup appartiennent à de grands groupes industriels ou dépendent financièrement de la publicité de ces groupes. Sans parler des nombreux journalistes issus des mêmes moules que les patrons et les politicards, persuadés de faire partie des classes dirigeantes, et défendant donc leurs intérêts de classe. La propagande peut donc marcher à plein pour convaincre l'"opinion" de la nécessité de la réforme, pour faire passer pour privilégiés des travailleurs qui galèrent autant que tous les travailleurs, pour briser la grève, pour manipuler, désinformer, convertir à la résignation et à l'acception de l'inéluctable avènement de la société capitaliste.

Pour s'opposer aux attaques contre nos droits et en gagner de nouveaux, nous ne pouvons donc compter que sur nous-mêmes, sur les actions que nous mènerons directement. Les moyens d'action à notre disposition sont nombreux : grève, boycott, sabotage, désobéissance, ré-appropriations collectives, etc. La grève est le plus courant, car c'est l'un des seuls encore à peu près toléré (c'est à dire qui ne mène pas directement à la case prison). C'est celui qu'aujourd'hui encore des dizaines de milliers de travailleurs et de travailleuses ont choisi pour lutter contre la casse des régimes de retraite.

La grève permet d'agir à différents niveaux : d'abord, elle attaque le patronat là où ça lui fait le plus mal : au portefeuille. Elle rappelle que c'est nous qui produisons l'ensemble des richesses, que sans nous ils ne peuvent plus se remplir les fouilles. Mais la grève permet aussi de libérer du temps pour faire autre chose : pendant la grève, on se ré-approprie son lieu de travail, les machines enfin arrêtées permettent de discuter avec son voisin, les AG de débattre, de se former, d'imaginer des alternatives. La grève libère du temps pour faire autre chose, mener des actions, aller rencontrer d'autres travailleurs, échanger, lutter ensemble...

Le mouvement de grève en cours, très massif malgré la propagande médiatique, peut faire reculer le gouvernement et l'empêcher de continuer ses attaques contre les services publics et la protection sociale. Mais pour cela il faut que nous soyons un maximum à y participer, soit directement, en cessant le travail, soit indirectement, en nous battant contre la propagande et en soutenant les grévistes.

Ce soutien peut prendre de nombreuses formes. Du soutien moral, en allant dans les AG, pour montrer aux grévistes que d'autres travailleurs sont avec eux, sont solidaires. En contrant la propagande officielle, en nous informant et en informant autour de nous, en relayant les témoignages des grévistes pour contrer la désinformation ambiante. La solidarité peut aussi être financière. Car les grévistes sont des travailleurs et des travailleuses comme nous, avec des salaires qui suffisent à peine à assurer la survie quotidienne. Nous devons les aider à continuer le mouvement, exprimer concrètement notre solidarité. Dans nos entreprises, dans nos quartiers, organisons des collectes pour alimenter les caisses de grèves, proposons à nos collègues, à nos voisin, de donner une ou plusieurs journée de salaire, pour permettre aux grévistes de tenir jusqu'à ce que le gouvernement cède. Nous sommes des dizaines de millions à être concernés, en soutenant le mouvement nous pouvons arrêter le mouvement de démolition de nos droits. C'est maintenant qu'il faut se mobiliser, tous et toutes ensemble !

dimanche 18 novembre 2007

Des médecin refusent de participer à la chasse aux sans-papiers

Médecins du monde dénonce via une pétition l'instrumentalisation des sciences en général et de la médecine en particuliers au services des politiques migratoires. Ils dénoncent entre autre les pressions sur les médecins qui osent délivrer des certificats médicaux estimant que l'expulsion d'un sans-papier malade mettrait sa vie en danger.

Les étrangers malades résidant en fRance peuvent en effet, dans certains cas particuliers, bénéficier une carte de séjour temporaire liée à leur maladie. Cette carte est délivrée après avis d'experts. Mais des préfets estiment que certains experts sont un peu trop complaisants. Le préfet du Puy-de-Dôme vient ainsi de retirer l'agrément d'expert à 3 psychiatres membres de Médecins sans frontières, qu'il ne juge pas assez "neutres". D'autres médecins dénoncent des pressions, des reproches si leur hiérarchie estime qu'ils délivrent trop d'avis favorables à la délivrance de carte de séjour "étranger malade".

(source : les associations dénoncent des pressions sur des médecins dans le Nouvel Obs, des psychiatres punis pur "complaisance" dans l'Huma et le préfet vire les psys pour expulser sans contraintes dans Libé)

Autre point dénoncé par MdM, l'utilisation de la science pour déterminer l'âge des gens. Dans ce domaine, une nouvelle étape dans l'abject a été franchie récemment. Les mineurs bénéficient encore heureusement de protections rendant leur expulsion plus compliquée. La justice fait donc fréquemment appel à des analyses médicales pour essayer de déterminer l'âge des jeunes sans-papiers. Jusqu'à présent, ces analyses se basaient essentiellement sur des tests osseux, un procédé datant d'il y a plus d'un siècle et peu fiable, avec des marges d'erreur pouvant atteindre plusieurs années. Mais on n'arrête pas la science, et de nouveaux examens apparaissent, comme par exemple les tests de puberté. Ainsi à Limoges, deux jeunes filles ont subi un examen poussé, pilosité des aisselles et du pubis, taille des aréoles, etc, à l'issue duquel elles ont été déclarées majeures !

(source : le Réseau éducation sans frontières de Limoges et Rue89)

Heureusement qu'il reste encore quelques médecins pour estimer que leur rôle est de soigner, pas de collaborer aux politiques xénophobes.